Le transport routier est au cœur d’un double enjeu : soutenir l’activité économique tout en répondant à l’impératif de décarbonation. Pour les entreprises gérant une flotte, l’audit énergétique est bien plus qu’une obligation réglementaire ; c’est un outil stratégique essentiel pour piloter sa transition.

Fort de son expertise, Costraten a consolidé les données de ses récents audits menés auprès de plus de 35 flottes d’entreprises de tous secteurs. Cette analyse, portant sur un périmètre significatif, révèle des tendances claires, des défis communs et des gisements d’optimisation considérables.

Un périmètre d’analyse représentatif du parc français :

  • Près de 4 000 véhicules audités, allant du véhicule léger (VL) au poids lourd (PL), en passant par les utilitaires (VUL) et les engins spécifiques.
  • Plus de 100 millions de kilomètres parcourus annuellement.
  • Près de 20 millions de litres de carburant et plus d’un million de kg de GNV consommés.

De cette base de données riche, nous tirons trois grands enseignements pour tout gestionnaire de flotte.

n°1 : Le fossé persistant entre la performance théorique et la réalité

Le premier constat est unanime : il existe un écart systématique et significatif entre les consommations annoncées par les constructeurs et celles constatées en conditions réelles d’exploitation.

Sur l’ensemble des flottes analysées, cet écart s’élève en moyenne à +35%.

Ce chiffre illustre une vérité fondamentale : l’efficacité énergétique d’une flotte ne dépend pas uniquement de la performance intrinsèque des véhicules. Elle est profondément influencée par les conditions d’usage, le type de trajets, les charges transportées, la maintenance et, surtout, le comportement de conduite. Ignorer cet écart, c’est passer à côté d’un levier d’action majeur.

n°2 : Un potentiel d’économies moyen de plus de 20%

La bonne nouvelle est que le potentiel d’amélioration est immense. En agrégeant les plans d’action proposés, nous identifions un objectif réaliste de réduction de la consommation énergétique de 22% en moyenne sur quatre ans.

Ce gain ne repose pas sur une solution miracle, mais sur une stratégie équilibrée agissant sur quatre axes complémentaires :

  1. Le Véhicule (41% du potentiel) : Le renouvellement de la flotte vers des motorisations moins émissives (électrique, GNV, HVO) et le choix de véhicules adaptés à l’usage réel constituent le levier le plus puissant.
  2. L’Organisation (23% du potentiel) : L’optimisation des tournées, l’amélioration du taux de chargement et la rationalisation du nombre de véhicules sont des sources d’économies directes.
  3. Le Conducteur (18% du potentiel) : La formation à l’éco-conduite reste l’action au retour sur investissement le plus rapide. Un suivi régulier et une sensibilisation continue sont les clés pour maintenir les bénéfices dans la durée.
  4. Le Management (18% du potentiel) : La mise en place d’indicateurs clairs, une communication transparente et une politique flotte (Car Policy) alignée sur les objectifs environnementaux sont indispensables pour piloter la performance.

n°3 : La transition est en marche, mais la croissance de l’activité reste un défi

L’analyse de l’évolution des flottes sur les dernières années montre une tendance positive : l’efficacité unitaire des véhicules s’améliore. Pour certaines entreprises, nous observons des baisses d’émissions réelles par kilomètre de près de 10% sur 4 ans, grâce à un meilleur suivi et à des véhicules plus propres.

Cependant, cette efficacité est souvent masquée, voire annulée, par une croissance de l’activité qui se traduit par une augmentation du nombre de véhicules et des kilomètres parcourus. La performance globale (les émissions totales) peut ainsi stagner ou augmenter malgré des progrès unitaires réels.

Ce paradoxe souligne l’importance d’une approche stratégique : la transition énergétique ne doit pas seulement viser à « rouler plus propre », mais aussi à « rouler plus juste », en questionnant le besoin même du déplacement.

Nouveau Contexte Réglementaire : Le Transport en Première Ligne

Depuis 2025, les règles du jeu de l’audit énergétique ont changé. Entre 2015 et 2025, l’obligation était liée à la taille de l’entreprise (effectifs, chiffre d’affaires). Désormais, le critère principal est la consommation d’énergie elle-même, avec un seuil fixé à 2,75 GWh par an en moyenne sur les trois dernières années.

Cette évolution place les entreprises de transport, par nature grandes consommatrices de carburant, en première ligne. Indépendamment de leur taille en nombre de salariés, ce sont désormais leurs consommations qui les rendent éligibles. La performance énergétique n’est plus une option, elle devient un enjeu central de conformité et de compétitivité.

L’audit : plus qu’une obligation, un levier stratégique

Ces enseignements le confirment : un audit énergétique transport mené avec rigueur est un puissant catalyseur de transformation. Il permet de passer d’une vision parcellaire à une compréhension globale des flux, de quantifier les gisements d’économies et de construire une feuille de route chiffrée et hiérarchisée.

Chez Costraten, notre mission est de transformer cette analyse en action, en fournissant à nos clients les clés pour aligner leur performance opérationnelle avec leurs ambitions environnementales et économiques, dans un cadre réglementaire de plus en plus exigeant.